Bois de construction

Bois lamellé-collé : le guide complet pour les professionnels

Y Yves SamamaCréé le 17/07/2026
Bois lamellé-collé : le guide complet pour les professionnels

Le bois lamellé-collé, aussi appelé glulam, est un matériau de structure formé de lamelles de bois séchées, aboutées et collées à fil parallèle. Il franchit des portées que le bois massif n'atteint pas, tout en combinant légèreté, stabilité dimensionnelle et résistance mécanique élevée, sous marquage CE et classe de résistance.

Professionnels de la construction, vous prescrivez, dimensionnez ou approvisionnez des éléments de structure ? WoodPartners vous explique tout sur bois lamellé-collé : fabrication normée, usages en charpente, comparatif face à l'acier et au béton, prix en 2026 et repères pour choisir la bonne classe, la bonne section et le bon fournisseur.

Le bois lamellé-collé en résumé

  • Ce que c'est : le lamellé-collé est un produit structurel obtenu par collage de lamelles séchées et aboutées à fil parallèle. Il forme des poutres droites ou cintrées, d'une portée inaccessible au bois massif. 

  • La norme : sa fabrication est encadrée par la norme européenne EN 14080 (collage, aboutage, marquage Conformité Européenne). Chaque pièce porte une classe de résistance, de GL20 à GL32, le GL24h étant le plus courant.

  • L'usage : le lamellé-collé s'emploie surtout comme élément de structure, en charpente et en poutres, pour les bâtiments de grande portée comme les gymnases, les bâtiments agricoles et les surfaces commerciales.

  • Le prix : le lamellé-collé se raisonne au volume et à la section. En 2026, comptez environ 1 000 à 1 600 €/m³ HT pour du GL24h épicéa courant, hors pose. Les essences plus denses, les grandes sections et les pièces cintrées ou traitées se situent au-dessus.

Qu'est-ce que le bois lamellé-collé ?

Le lamellé-collé assemble par collage plusieurs lamelles de bois de faible épaisseur, souvent en épicéa ou en sapin. Ces planches minces et rabotées sont d'abord séchées, puis aboutées bout à bout par des entures (jonctions en dents engrenées) pour obtenir la longueur voulue. Elles sont ensuite encollées sur leurs faces, empilées et pressées, le fil du bois restant orienté dans le même sens d'une lamelle à l'autre.

Cette orientation parallèle explique sa résistance. En répartissant de manière homogène les défauts naturels du bois (nœuds, fentes) sur de nombreuses lamelles, le procédé supprime les points faibles concentrés et accroît la robustesse de la pièce. Une poutre de bois lamellé-collé est donc plus régulière et plus prévisible qu'une poutre massive de même section.

Lamellé-collé, bois massif, BMR et CLT : quelles différences ?

Le lamellé-collé est souvent confondu avec trois autres produits bois du bâtiment : le bois massif, le BMR et le CLT. La confusion vient de noms voisins et d'un usage commun en structure, alors que ces produits diffèrent surtout par leur fabrication. Trois questions suffisent à les départager : le bois est-il d'un seul tenant ou fait de lamelles collées, combien de lamelles compte-t-il, et son fil est-il parallèle ou croisé ? Voici ce qui distingue le lamellé-collé de chacun.

  • Face au bois massif : le massif est débité d'une seule pièce dans la grume, ce qui limite ses longueurs et le rend sensible aux fentes en séchant. Le lamellé-collé n'est plus limité par la grume et reste plus stable, ses lamelles étant séchées avant collage. 

  • Face au BMR (bois massif reconstitué) :le bois massif reconstitué suit un principe voisin, mais avec deux à cinq lamelles seulement. Il vise les sections courantes de charpente, là où le lamellé-collé couvre les grandes portées et les formes cintrées.

  • Face au CLT : le bois lamellé-croisé, ou CLT (Cross Laminated Timber), croise ses couches à 90° pour produire des panneaux porteurs (murs, planchers). Le lamellé-collé, lui, garde le fil parallèle et produit des éléments linéaires (poutres, poteaux). Les deux sont complémentaires, jamais substituables.

Comment est fabriqué le bois lamellé-collé ?

La fabrication du lamellé-collé suit une chaîne de production normée, du séchage des lamelles au marquage CE (Conformité Européenne). Son but est de transformer des planches courtes en éléments longs et de grande section, plus stables et plus résistants qu'une pièce massive équivalente. Le collage de lamelles séchées permet en effet d'atteindre des longueurs affranchies de la taille de l'arbre et de répartir les défauts du bois sur toute la pièce. Cette chaîne enchaîne cinq étapes en atelier : séchage, aboutage, encollage, pressage et finition.

  1. Le séchage : les lamelles sont séchées jusqu'à environ 12 % d'humidité, ce qui stabilise le bois avant collage.

  2. L'aboutage : elles sont assemblées bout à bout par des jonctions dentées collées (entures), qui augmentent la surface de collage et transmettent les efforts d'une lamelle à l'autre.

  3. L'encollage : une colle structurale est appliquée sur les faces, puis les lamelles sont empilées dans l'ordre prévu.

  4. Le pressage : l'empilage est serré sous presse, à plat pour une poutre droite ou sur gabarit courbe pour une pièce cintrée, jusqu'à polymérisation de la colle.

  5. La finition : la pièce est rabotée avec précision, contrôlée et marquée CE.

Quelles essences de bois pour le lamellé-collé ?

Le lamellé-collé se fabrique surtout à partir de résineux, l'épicéa en tête. Les résineux sont légers, droits de fil et faciles à sécher et à coller, ce qui les rend bien adaptés à la production de lamelles. Le choix de l'essence dépend ensuite de l'exposition de l'ouvrage et du budget.

  • L'épicéaest l'essence de référence. Léger et économique, il couvre la majorité des usages de structure à l'intérieur ou en situation abritée.

  • Le sapinoffre des propriétés très proches de l'épicéa. Il s'emploie souvent en complément, pour les mêmes usages courants.

  • Le pin convient aussi aux emplois structurels courants, avec une teneur en résine parfois plus élevée.

  • Le douglasest plus dense et naturellement plus durable (classe de durabilité 3, durable hors contact avec le sol). Il convient aux ouvrages apparents ou plus exposés, à un coût supérieur.

  • Le mélèze est également dense et durable, adapté aux situations exposées. Comme le douglas, il se paie plus cher que l'épicéa.

  • Les feuillus, comme le hêtre, atteignent des performances mécaniques élevées et autorisent des sections plus fines à charge égale. Ils restent réservés à des usages spécifiques et coûtent nettement plus.

L'essence pèse directement sur le prix, l'épicéa restant le plus économique. C'est l'un des facteurs repris plus bas, dans la partie consacrée au prix.

Quelles colles et quelles classes pour le lamellé-collé ?

Le lamellé-collé de structure repose sur deux garanties, sa colle et sa classe de résistance. La colle assure la cohésion des lamelles sous charge et dans le temps. Deux familles réglementées dominent, la mélamine-urée-formaldéhyde (MUF), aussi appelée mélamine urée formol, et le polyuréthane (PU), choisies selon l'exposition de l'ouvrage.

La classe, elle, mesure la résistance mécanique de la pièce, principalement en flexion La norme européenne EN 14080 encadre la fabrication du lamellé-collé et rend son marquage CE obligatoire, gage que le produit répond à des exigences vérifiées. La classe est notée GL (pour Glued Laminated, bois lamellé-collé en anglais), suivie d'un chiffre et d'une lettre. Le chiffre indique la résistance caractéristique en flexion, en N/mm² : plus il est élevé, plus le bois est résistant. La lettre précise la composition de la pièce : « h » pour un lamellé homogène, dont toutes les lamelles sont de même classe, « c » pour un lamellé combiné, qui place les lamelles les plus résistantes en surface, là où les efforts sont les plus forts. Les classes courantes s'échelonnent de GL20 à GL32.

Le GL24h est la classe la plus répandue en charpente courante. Ce niveau de résistance couvre la majorité des portées et des charges du bâtiment, à un coût maîtrisé, sans payer une classe supérieure rarement nécessaire. C'est le bon compromis par défaut, que le bureau d'études revoit à la hausse pour les grandes portées ou les charges lourdes.

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Quels sont les usages du bois lamellé-collé ?

Le lamellé-collé sert avant tout d'élément de structure porteuse. On l'emploie principalement en charpente, dont il constitue les poutres, poteaux et arbalétriers, et aussi dans des ouvrages de génie civil comme les passerelles. Ces emplois exploitent sa capacité à franchir de grandes portées, c'est-à-dire à couvrir de grandes distances sans appui intermédiaire, ce qui dégage l'espace et allège la structure.

La charpente en lamellé-collé

La charpente est le premier usage du lamellé-collé en construction. Il franchit couramment des portées de 10 à 35 mètres sans appui au sol intermédiaire, ce qui dégage entièrement l'espace intérieur et facilite l'aménagement des volumes. On le retrouve ainsi dans les gymnases, les bâtiments agricoles, les salles de sport, les surfaces commerciales et le tertiaire.

Franchir de telles portées avec un matériau léger tient au rapport entre résistance et poids du lamellé-collé. À portée égale, une charpente en lamellé-collé pèse moins qu'une structure en béton, ce qui réduit les charges et allège les fondations. Cette légèreté est l'un de ses principaux atouts en construction.

La préfabrication est un second atout, distinct du premier. Les éléments sont façonnés en atelier, aux dimensions exactes du projet, puis assemblés sur site, ce qui raccourcit le temps de montage sur chantier.

Les poutres en bois lamellé-collé

Composant de base de la charpente, la poutre est l'élément le plus courant en bois lamellé-collé. Elle se décline en poutres droites, en poutres cintrées, en arches et en portiques (poteau-poutre d'un seul tenant). 

Cette aptitude du bois lamellé-collé à épouser des formes courbes offre une réelle liberté architecturale et une esthétique soignée, souvent laissée apparente. Le cintrage est obtenu au pressage, sur un gabarit courbe, avant durcissement de la colle. Les sections se calculent selon la portée et les charges à reprendre : leur inertie conditionne la résistance à la flexion, si bien qu'une poutre de plancher, une panne de toiture (poutre horizontale qui porte les chevrons) et une poutre maîtresse n'ont pas les mêmes dimensions. 

Le dimensionnement des poutres en bois lamellé-collé relève d'un bureau d'études structure, à partir de la classe du matériau.

Assemblages et autres usages structurels

Au-delà de la charpente de bâtiment, la polyvalence du lamellé-collé lui ouvre de nombreux emplois : poteaux, ossature, planchers, passerelles et structures de génie civil. Les assemblages se font par des connecteurs métalliques (platines, broches, boulons), dimensionnés avec la structure.

Lamellé-collé, acier ou béton : le comparatif pour la structure

Le lamellé-collé combine plusieurs atouts pour la structure: grande portée, légèreté, préfabrication, bon comportement au feu et bilan carbone favorable. Le tableau ci-dessous les met en regard de l'acier et du béton, sur les critères qui pèsent dans l'arbitrage d'un maître d'œuvre.

Critère

Lamellé-collé

Acier

Béton

Portées courantes

Grandes portées (souvent 10 à 35 m, plus en projet dédié)

Grandes portées

Moyennes ; grandes en précontraint

Poids propre

Léger

Léger à moyen

Élevé

Préfabrication

Atelier, montage rapide

Atelier, montage rapide

Coulé en place ou préfabriqué

Comportement au feu

Carbonisation lente et prévisible (~0,6 à 0,7 mm/min)

Perte de résistance en chauffant

Incombustible, bon comportement

Délais / disponibilité

Fabrication sur mesure, délai à anticiper

Variable selon appro

Court si coulé en place

Rendu apparent

Chaleureux, souvent laissé apparent

Aspect industriel

Brut ou à habiller

Bilan carbone

Favorable, stockage du carbone

Élevé

Élevé

Coût indicatif

~1 000 à 1 600 €/m³ HT (GL24h courant, hors pose)

Variable, souvent élevé à section porteuse équivalente

Souvent compétitif au m³, mais plus lourd à fonder

Le comportement au feu du lamellé-collé, gage de sécurité incendie, est souvent mal compris. Le bois exposé au feu se carbonise en surface à une vitesse connue, de l'ordre de 0,6 à 0,7 mm par minute pour un résineux. Cette couche de carbone isole le cœur de la pièce, si bien que la section restante conserve sa capacité portante pendant un temps calculable. L'acier non protégé, lui, perd sa résistance en montant en température.

Ce comparatif reste indicatif. Le choix final dépend du projet, des portées, du budget et des contraintes réglementaires propres à chaque chantier.

Quel prix pour le bois lamellé-collé ?

Le prix du lamellé-collé varie surtout avec la section, l'essence, la finition et le volume commandé. Vous trouverez ci-dessous des repères chiffrés pour une poutre et pour une charpente, puis les facteurs qui font varier le prix. Ce sont des ordres de grandeur constatés sur le marché 2026, hors pose sauf mention contraire.

Quel prix au mètre cube pour le lamellé-collé ?

En 2026, comptez environ 1 000 à 1 600 €/m³ HT pour du GL24h épicéa courant (section droite, finition standard). Le lamellé-collé se vend en effet le plus souvent au volume, en euros par mètre cube. Le douglas, les grandes sections, les classes supérieures (GL28, GL32) et les pièces cintrées se situent au-dessus.

Au mètre linéaire, le prix dépend de la section, puisqu'une poutre plus épaisse contient plus de bois par mètre. Une poutre de 100 x 200 mm représente environ 0,02 m³ par mètre linéaire, soit de l'ordre de 20 à 32 € HT le mètre pour cette section. Pour comparer deux devis, mieux vaut donc raisonner au mètre cube qu'au mètre linéaire, indépendant de la section.

Exemple concret : pour une panne de 6 m en 100 x 200 mm GL24h, comptez environ 0,12 m³ (6 x 0,02 m³), soit de l'ordre de 120 à 190 € HT la pièce, hors pose et transport. Un repère à valider selon l'essence, la finition et le fournisseur.

Quel prix pour une charpente en lamellé-collé ?

Le prix d'une charpente en bois lamellé-collé s'apprécie au projet, caril dépend de la portée et de la géométrie. La portée, le nombre d'éléments, les assemblages et l'accès au chantier pèsent lourd dans le total. Ces écarts sont trop importants pour livrer un prix au mètre carré fiable hors étude. Un chiffrage sûr passe par un devis établi sur plans : le fabricant ou le charpentier calcule alors le volume de bois, les assemblages et la pose propres à votre ouvrage. 

Les facteurs qui font varier le prix

Six facteurs expliquent l'essentiel des écarts de prix d'un projet à l'autre :

  • L'essence : l'épicéa, le sapin et le pin restent les plus courants et les plus économiques. Les essences plus denses ou plus durables coûtent davantage.

  • La section et la longueur : plus la pièce est grosse et longue, plus le volume de bois et le prix augmentent.

  • La forme : une poutre cintrée demande un gabarit et plus de main-d'œuvre qu'une poutre droite.

  • La classe de résistance : une classe supérieure (GL28, GL32) se paie plus cher qu'un GL24 courant.

  • La finition et le traitement : un rabotage soigné, un aspect apparent et un traitement pour l'extérieur ajoutent au coût.

  • Le volume commandé : les grandes quantités obtiennent en général de meilleures conditions de prix.

« Le bon lamellé-collé n'est pas le plus gros ni le plus haut de gamme, c'est celui dont la classe et la section répondent aux portées réelles de votre ouvrage. Surdimensionner une poutre coûte cher sans rien apporter, sous-dimensionner fragilise la structure. Le dimensionnement se décide sur plans, avec un bureau d'études, avant même de comparer les prix. »

Yves Samama, Expert bois - Société des Experts Bois, fondateur de WoodPartners.

Où trouver du bois lamellé-collé et des fabricants ?

WoodPartners réunit sur une même plateforme les produits et les fabricants de lamellé-collé, et vous met en relation avec les fournisseurs adaptés à votre projet. Vous comparez au même endroit les offres selon la classe, la section, l'essence, les délais et le prix, puis vous contactez directement le bon fournisseur.

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